les numéros 

le blog 

contacts 

lettre d'information 

Lettre d'information


Si voulez savoir quand sortira le prochain numéro, quels événements la revue organise ou ce qui nous tient à cœur, inscrivez-vous à la lettre d'information.


s'inscrire
se désinscrire


 
     LA MUSIQUE EST LA RéPONSE   
 par XXX


À la question de savoir si la musique électronique est pensable ou pas, plusieurs sortes de réponses sont possibles. Concernant la musique en général, nombreuses ont déjà été formulées. Les sérieuses concluent toutes à l’affirmative. Oui, l’essence de la musique est pensable. On lit ainsi, dans la presse (le Monde, daté du 28 octobre 2005), un compte-rendu du forum du Mans sur le thème « la musique est-elle un art du penser ? ». Alain Badiou par exemple y a développé, en s’appuyant sur son expérience personnelle de flûtiste et de philosophe, une définition de la musique qui se situe entre « une mobilisation des affects » et quelque chose « d’extraordinairement abstrait » qui la placerait « du côté des mathématiques » (notation des sons, etc.). La musique, comme le soutenait Schopenhauer, serait-elle « la mélodie dont le monde est le texte » ? Et Pascal Quignard, pour sa part, de répondre : « là où la pensée a peur, la musique pense. »
Répondre nécessairement oui à une question dont on aurait pu faire croire qu’il fût possible d’y répondre non, renvoie la question à une certaine nullité. La musique est-elle pensable ? Oui. Tous ceux qui croient encore que la confrontation du langage au monde est interdite peuvent aller se rhabiller. L’émotion n’exclut pas la culture, il ne suffit pas d’être bête, ou muet, pour pleinement apprécier. Être sourd en revanche, on le sait, peut être un avantage : « la musique entre affects et mode de réflexion » donc, gardons cela.
Du côté de la musique dite « électronique », maintenant. La question devient peut-être moins infondée tant l’éloge est du côté d’une perception purement physique, « tympanique » de ses émissions. Les basses y claquent ou enveloppent ; les aigus calment, excitent, c’est selon. Ah, le corps ! Les courts-circuits physiques ! Les processus de diffusion, comme de composition, ont semble-t-il accentué ce phénomène. Sans parler, sociologiquement, des tribus, du nomadisme, du virtuel et tutti quanti… On répond à la question comme Colonel Abrams le faisait en 1984 à ses propres interrogations : « la musique est la réponse ». La réponse à la question « la musique électronique est-elle pensable ? » devient : « la musique est la réponse ».

Ouh !

Sept propositions pour penser la musique « électronique » :
  • ne pas commencer par la penser ;
  • la contrainte de la palette sonore vous oblige à en finir avec la répétition : splendeur et misère de Steve Reich. On ne peut considérer l’événement ni comme inouï, matrice du neuf, ni comme pâle reflet, dû à la répétition conçue comme reproduction, du même, sa copie ;
  • la limitation : vous ne l’êtes pas. Mais l’illimité, l’infini ne sont pas de votre ressort ! Il n’y aura que de bons ou de mauvais moments ; et puis c’est fini, à l’infini ;
  • the medium is the absence of message : comment faire défaillir le sens et le redéfinir. Ce n’est sans doute pas seulement parce que le médium est devenu, dans la musique « électronique », la possibilité et le possible. Mais parce qu’il se revendique comme tel ! Il existe une lecture technologique de Heidegger à promouvoir (Deleuze, peut-être, n’aura fait que ça), strictement parallèle à la lecture métaphysique de la technique telle que l’a pratiquée Heidegger lui-même ;
  • chacun aura un jour le droit de passer incognito : pas gagné par l’immémorial sur le mémorable ;
  • le rhizome : les fractales, le chaos, le réseau. Mais c’est Notre Musique !
  • the Funk, baby !
  Autres textes de l'auteur
  •  Un spectre hante la musique par [numero 4]
  •  Le dub nous mettra tous en pièces [numero 3]
© uneNuitSousInfluence.org - 2012