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     CHA-CHA-CHA   
 par Renée Bin


Après le rush de l’heure de pointe, à l’heure de l’apéro, le bar plante sa terrasse entre deux bâches suspendues au plafond.

Du mobilier en plastique, de grandes tables et des chaises éparpillées qui font été : le couloir est large et la station est chauffée. Quand l’intérieur du bar craque, on peut sortir avec son verre.

Au-dessus, les lumières efficaces des blocs de verre ancrés dans le béton sont domptées par des tissus rouges aux motifs démodés.

Derrière les portes vitrées du bar, les clients dansent, de jolies filles en débardeurs courts montrent leur nombril, les garçons dansent sans manières, les bras s’agitent, les fesses aussi.

La piste de danse est petite, coincée entre le bar et la cabine du DJ. Celui-là fait ses enchaînements en se dandinant, pas vraiment electro, un peu techno ou rock selon l’humeur, des tubes souvent, l’inévitable Nirvana du moment (merci Laurent G.). Il montre le bout de sa langue sur son pitch. Devant lui, scotchée sur la vitre la devise du saint patron de la profession : «  DJ IS NOT JUKE BOX ».

Dans la seconde salle, plus petite, plus calme, le barman entend bien vos commandes, connaît le nom de tous les cocktails qu’il prépare avec beaucoup de glace dans des verres immenses, ça dilue l’alcool. Trois machines à sous clignotent dans un coin.

Il paraît qu’avant le Cha-cha-cha, c’était une salle de jeu, là. Ah.

En bon Parisien tête de chien, on se dit que ce serait terrible avec une Chloé ou une Jennifer derrière les platines.
Et l’on se rappelle subitement qu’un bar ouvert toute la nuit, avec terrasse et piste de danse confortable et active dans le métropolitain parisien, ça n’existe pas, ça n’existe pas.

Le Cha-cha-cha est ouvert toute la nuit, entrée libre, station de métro Kálvin, à Budapest.
Parfait pour une halte nocturne dans la nuit des hivers piquants de cette belle ville. Et puis rien n’empêche Chloé ou Jennifer d’aller y jouer un jour : la Hongrie, c’est pas si loin…
  Autres textes de l'auteur
  •  "Obtenir la malédiction" [numero 9]
  •  Chloé, une valse entre chien et loup [numero 8]
  •  Rak : fermez les yeux [numero 7]
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