les numéros 

le blog 

contacts 

lettre d'information 

Lettre d'information


Si voulez savoir quand sortira le prochain numéro, quels événements la revue organise ou ce qui nous tient à cœur, inscrivez-vous à la lettre d'information.


s'inscrire
se désinscrire


 
     1994...   
 par Mark Murphy


1994 ou 1995, c’est un peu flou. Une nuit encore fraîche, à peine entamée. La rave d’hier nous a laissés quelque peu sans jambes, l’after a épuisé le reste d’énergie. C’est après une petite sieste et un réveil aux 4C que nous prenons la route. Un plein basket, deux heures de conduite, et voilà, boulevard Poissonnière, pas très motivés, il faut le dire, d’autres essais en club nous avaient déjà bien pourri des soirées pourtant prometteuses. Des line-up de choix trop souvent encadrées par des sécus violentes, des sound systems inadaptés et inaudibles, et un dance-floor encore trop conditionné par le quart d’heure américain.
Mais bon, Sylvain m’a assuré que le Rex était plus que ça. Il savait y faire Sylvain, il a titillé mon oreille d’ancien chevelu en m’apprenant que Metallica, Noir Désir ou Prince avaient posé leurs amplis sous le vieux cinéma. Bon rock, à voir pour la teuf… « Il était une fois l’ambient », programme surprenant et risqué pour un club, mais adapté à notre dimanche. Il paraîtrait même que Liza N’Eliaz va jouer, ambient ?!
Nous voilà donc devant un certain Valery B qui se charge de nous accueillir, ou éventuellement de nous jeter. Avec nos deux amis habitués du lieu, peu de chances d’être refoulés, d’autant plus qu’on avait plutôt l’air de correspondre au reste de la clientèle pour une fois. Personne ne scrutait nos piercings ou nos yeux.

Premier sas passé, accueil agréable, salut des habitués de Gaétan et Sylvain, nous suivons.
Un bar sur la droite longe le mur, pendent des drapés, des coupes de fruits à profusion sur les tables en face du bar, on peut même bénéficier d’un petit massage, allongé sur des coussins étalés un peu partout. Un cocktail de fruits dans la main, servi avec un sourire, je continue d’avancer. Le son est correct, pas les kilos d’hier, mais de bonne qualité, ça ira pour l’ambient. Et partout, comme hier, les regards se croisent dans des sourires, les bras se lèvent.
La faible hauteur sous plafond me rappelle que nous sommes bien en club. Après le bar siège la cabine, l’escalier qui permettait d’accéder au Grand Rex, et le dance-floor. Eve apprécie le confort et entame sa première danse au Rex… Je suis…

Fin 2005, 23 heures, Gaétan et Gilles me suivent. Je me dirige droit vers l’entrée, bonsoir, nous sommes sur la liste…
La déco a été retouchée. Il était temps, depuis 1995 et ses grands travaux : le déplacement de la cabine, l’arrivée du bleu et orange, et surtout l’installation de ce qui reste un excellent sound system, rien n’avait bougé. Des couleur diffuses au-dessus des tables rythment l’avancée vers le dance-floor. Des visuels animent les murs, efficaces.
Maxence Cyrin ouvre le bal, soliste : un piano à queue trône sous la cabine, et une centaine de trentenaires bien branchouilles lèvent les bras et je les rejoins lorsque les premières notes de « Jaguar » nous parviennent.
L’époque a changé, le Rex Club a pris des risques, continue d’en prendre et d’évoluer À Paris, c’est souvent ici que j’ai trouvé réunis un très bon son, d’excellentes line-up, du confort, et des sourires. C’est la moindre des choses, mais ça reste beaucoup trop rare…
« Depuis près de vingt ans le Rex Club a été un véritable laboratoire des musiques électroniques », lit-on dans le premier numéro de Rexorama. Une chose est sûre, nous n’en sommes pas les cobayes, plutôt les laborantins.

© uneNuitSousInfluence.org - 2012