Éliane Radigue ~ E = A = B = A + B (1969)
Éliane Radigue est née en 1932 à Paris. Elle se forme à
la musique électroacoustique avec Pierre Schaeffer et sera ensuite l'assistante
de Pierre Henry. E = A = B = A + B est composé de deux disques
vinyle comportant sur chacune de leurs faces une plage continue de « drones
», sans titre, dont la durée est comprise entre sept et huit minutes
(pour une lecture à 33 tours par minute). Les disques sont conçus
pour être écoutés simultanément sur deux tourne-disques ;
toutes les combinaisons de faces et de vitesses de lecture (78, 45, 33, ou 16
tours par minute) sont possibles. La pochette porte la mention « Pour
Farhi. »Il s'agit probablement du sculpteur français Jean-Claude
Farhi.
Noto ~ Sonar endless loop edition III (2003)
Noto, alias Carsten Nicolai, est un artiste et musicien allemand, dont
une des installations les plus connues, Bausatz Noto ∞ (créée
en 1997), consiste en un alignement de quatre tourne-disques jouant chacun une
face d'un double album. Sur les deux disques en question sont gravées
quarante-huit boucles de même durée et de même tempo sous
la forme de sillons fermés (douze par face). La dernière édition
du double album utilisée pour cette installation évolutive a été
publiée sur son label Raster-Noton en 2003, chaque auditeur pouvant ainsi
virtuellement recréer Bausatz Noto ∞ chez lui et « mixer
»les boucles en les combinant à sa guise et en jouant sur
la vitesse de lecture.
Gescom ~ MiniDisc (1998)
Gescom est un collectif anglais à géométrie variable, actif
depuis le début des années 90 en Angleterre et dont les membres
les plus éminents sont Sean Booth et Rob Brown, plus connus sous le nom
d'Autechre. En 1998, aidés de Russell Haswell, ils ont produit la première
(et probablement la seule) œuvre exclusivement destinée à
être sortie sous forme de MiniDisc, constituée de 88 séquences,
sans titre, dont la durée varie entre quatre secondes et plus de quatre
minutes (pour une durée totale de soixante-sept minutes). Ces fragments
sont explicitement faits pour être lus avec la touche shuffle (mode
aléatoire) des lecteurs de MiniDisc, produisant ainsi à l'infini
un seul long morceau différent à chaque écoute. On notera,
élément décisif, que les lecteurs de MiniDisc, contrairement
aux lecteurs de Compact Disc, sont capables de lire des enchaînements
de pistes en continu, sans intercaler de silence entre les pistes.
Christian Marclay ~ Record without a cover (1985)
Comme son nom l'indique, ce disque vinyle doit impérativement être
transporté, stocké et vendu nu (sans pochette d’aucune sorte).
Il est ainsi aléatoirement altéré au hasard des manipulations :
chaque exemplaire est unique, en constante évolution. Le dernier pressage
du disque se présente sous forme de picture disc, gravé sur une
seule face, sur laquelle Marclay s’est enregistré manipulant des
disques sur plusieurs platines. Selon l’auteur, « la musique
est un matériau. La technologie l’a transformée en objet,
et une grande partie de [son] travail porte sur cet objet autant que sur la
musique. »
Jeff Mills ~ Apollo ep (1999)
Un disque normal ne comporte qu'un sillon continu, gravé en spirale.
La face
A de celui-ci présente la particularité de compter deux sillons
parallèles, chacun d'eux permettant d'écouter un titre différent.
Il s'agit d'une sorte de face cachée, le disque semblant (visuellement)
ne contenir que deux titres, alors qu'il en comprend en fait trois. La taille
des sillons ne permettant pas de les distinguer à l’œil nu,
le hasard décidera donc seul du titre lu par le tourne-disque (en l'occurrence
« Six malfunctions »ou « Earth »).
