PLAYLIST 3
par Kling Klang
Thomas Brinkmann ~ Concept 1 96:VR (1998)
Le musicien allemand Thomas Brinkmann a remixé en 1998 la totalité d’un album de Richie Hawtin, Concept 1 96:CD, à l’aide d’une platine à deux bras de son invention. Son intervention est assez minimale : il a simplement ralenti la vitesse des disques originaux et joué avec les deux bras, un pour le canal stéréo droit, l’autre pour le canal stéréo gauche. Ces variations (comme il les a lui-même nommées) jouent sur des superpositions et des effets d’échos, proches du travail du dub jamaïcain et de la techno qui s’en est inspirée, celle produite à Berlin au sein du label Basic Channel. C’est à ce jour la seule fois où Richie Hawtin a accepté un remix de son travail.
Steve Reich ~ Pendulum music (1968)
Cette pièce, unique dans l’œuvre de Reich, est exécutée de la façon suivante : quatre amplificateurs électriques sont disposés sur scène ; quatre microphones sont suspendus au bout de câbles de sorte qu’au repos ils soient juste devant les amplificateurs ; quatre personnes impriment simultanément un mouvement de balancier aux micros et se retirent ; des larsens périodiques se produisent lorsque les micros passent devant les amplificateurs, jusqu’à ce le mouvement s’arrête de lui-même au bout d’une dizaine de minutes. Cette performance fut réalisée une première fois par Reich et le peintre William Wylie en 1968, puis en 1969 au Whitney Museum en compagnie des artistes Bruce Nauman, Michael Snow, Richard Serra et James Tenney et enfin en 1999 par le groupe rock Sonic Youth pour leur album Goodbye 20th century.
Marcel Duchamp ~ Erratum musical (1913)
Erratum musical, datant de 1913, passe pour l’œuvre fondatrice en ce qui concerne l’introduction du hasard dans la musique. On en connaît deux versions : pour la première, la définition tirée du dictionnaire du mot empreinte, soit la phrase « faire une empreinte marquer des traits une figure sur une surface imprimer un sceau sur cire », est chantée en canon par trois personnes sur trois partitions différentes composées de notes tirées au sort dans un chapeau. La seconde consiste à jouer les quatre-vingt-huit notes que comporte le clavier d’un piano selon un tirage aléatoire et les instructions suivantes : « uniformité du rythme, inaccentuation ». Il existe de nombreux enregistrements de toutes les œuvres musicales de Duchamp, le premier a avoir souligné son importance étant John Cage.
Brian Eno ~ Generative music 1 (1996)
Cette œuvre de Brian Eno n’est pas sortie sous forme de disque : c’est une disquette contenant un programme informatique. Les « chansons » sont en fait des séries d’instructions pour ordinateur créées par Eno, chacune générant, lorsqu’elle est exécutée, de la musique à volonté, sans début ni fin, l’auditeur seul décidant de la fin de la pièce. Chacun des titres évoque une atmosphère : la musique de la Renaissance (« Klee 4.2 »), celle de Schœnberg (« Komarek »), etc.
John Cage ~ Imaginary landscape n°1 (1939)
Cette pièce de Cage est considérée comme la première utilisation musicale de tourne-disques. Elle est exécutée à l’aide de deux platines disques 78 tours jouant des disques contenant des sons sinusoïdaux continus de différentes fréquences, ainsi qu’un piano et un gong. La pièce est jouée par quatre personnes, dont deux pour manipuler les disques. La réalisation de sa pièce Imaginary landscape n°5, en 1952, impliquera l’usage de 42 tourne-disques.
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